Comment ça va depuis longtemps ?
Depuis le temps qu’on n’s’est pas vu ?
Si tu m’en veux je te comprends :
Avoir tant de temps attendu…
On s’rappelle pas, on s’perd de vue,
« on n’a pas l’temps », refrain connu.
Un soir, un coup de téléphone,
Pendant dix mois y’a plus personne,
Deux, trois e-mails, une carte postale,
Les saisons courent, le temps dévale,
Les jours s’égrainent , grincent mes heures
Comme les violons des âmes en pleur.
Quand mes secondes seront moins prises sans pour autant être moins chères…
…je rattraperai les choses promises qui grognent sous les muselières.
Comment se fait-ce que j’oublie
De fêter l’âge des amis ?
Quel idiot suis-je devenu
Pour en ignorer dans la rue ?
Dans le chantier de mon esprit,
Ai-je quelques ruines d’attention
Pour rester apte à être bon
Sans décliner l’air du mépris ?
Même quand je passe par Saint-Sauveur,
J’ai pas d’temps pour les racoleurs,
Je préfère accorder mon cœur
Au diapason des âmes en pleur.
Quand mes secondes seront moins prises sans pour autant être moins chères…
…je parcourrai les lettres mises en masse dans ma gibecière.
Comment peut-on mener sa vie
Sans jamais en payer le prix ?
Le coût du temps frappe souvent
Aux portes des amis d'antan,
Le lourd tribut des passions danse
Et se heurte à l'indifférence.
La liberté est une valeur
Qui s’évalue aussi en heures
Et couramment on perd pied
En haute mer d’amitié.
J’entends des complaintes en chœur,
A l’unisson, des amants pleurent.
J’ai du temps,
Oui, du temps, j’en ai,
J’ai du temps pour toi mais pas tout le temps,
J’ai du temps,
Des sommes d’instants,
Des instants pour vous, pas autant que vous.
Lorsque mes nuits seront moins folles, nous nous filerons un rendez-vous,
Nous nous lâcherons comme des fous comme certains soirs du temps d’avant.
Quand mes secondes seront moins prises sans pour autant être moins chères
… j’embrasserai
tous mes amis
du clignement
de mes paupières.