Sous mon toit pas de murs,
sur ma tête pas de tuiles,
sous mon corps une bouche,
le métro me réveille.
Pas de blé,
pas de bol,
pas de verre,
une canette.
Pas de luxe
pour mon gosier,
pas de lame
pour vous saigner.
Que craignez-vous
que je vous vole ?
Votre liquide,
vos bourses molles ?
Je n’arracherai
pas vos sourires,
je vous laisse
les investir.
Un bon placement
peut-être pourrait
voir
votre
cœur
grandir.
Vous qui n’aimez
que l’importance
et m’ignorez
par suffisance,
serez-vous un jour
capables de respecter
mon piteux sort ?
Je ne vise pas la présidence,
ni la moindre miette de chance,
je voudrais simplement prétendre
au droit de vivre
sans nourrir
votre
gêne.